samedi, avril 30, 2005

Gestion de l' environnement par l' Etat : le mythe du long terme

Une des raisons les plus fréquemment évoquée pour justifier l’ intervention de l’ Etat dans la gestion de l’ environnement consiste à dire que seul celui-ci agit de manière désintéressée et avec une préoccupation du long terme ; les individus n’ auraient alors aucune conscience des réalités sur la durée et ne seraient mus que par leur sensibilité. C’ est là commettre une grave erreur et se méprendre sur la nature même de l’ Etat. Expliquons-nous:
L’ Etat, par essence, n’ est pas une entité libre et responsable au même titre qu’ une personne humaine, une entreprise ou une association (toutes deux fondées par contrat libre et volontaire). L’ Etat est une abstraction. Il n’ a pas d’ existence physique ou contractuelle. Il s’ impose à toutes les personnes (physiques ou morales) se trouvant sur le territoire national. De manière plus prosaïque, l’ Etat est composé d’ individus mus – au même titre que tous les individus – par des intérêts particuliers. On a dès lors beaucoup de mal à comprendre comment un petit groupe d’ individus (sensés représenter la majorité) ayant leurs intérêts propres, peuvent agir pour le bien de tous. Le problème se complique encore quand on sait que l’ objectif principal de la très grande majorité des élus est la réélection (quelques années tout au plus). L’ argument étatiste de « l’ Etat désintéressé et préoccupé par le long terme » ne tient plus :
-L’ Etat, par nature, ne peut être désintéressé, puisqu’ il est uniquement constitué d’ individus ayant des intérêts privés (Faut-il citer quelques affaires d‘ « abus de biens sociaux » ou d‘ avantages indécents pour s‘ en persuader ?).
-Pour la même raison, l’ Etat ne se préoccupe pas du long terme (quelques dizaines d‘ années), mais de la prochaine échéance électorale. Là encore, il n’ est pas besoin de démonstration, on se remémorera simplement les atermoiements de tous les gouvernements sur certains dossiers ou quelques « cadeaux ciblés » pré-électoraux.
« Mais alors, me-rétorqueront certains, si ni l’ Etat ni les individus ne peuvent prendre en charge le long terme, nous sommes donc condamnés à une lente agonie, du fait de la pollution et de la disparition des espèces animales et végétales ! ». Là encore, il n’ en est rien. Ce serait tout d’ abord considérer que le progrès mène inéluctablement à une destruction croissante de l’ environnement et l’ on pourrait alors dire avec Rousseau : « Tout homme qui pense est un animal dépravé ».Mais ce serait surtout se tromper sur la nature de l’ individu. Car dans un système libéral (c’ est à dire faisant confiance à l’ Homme et reposant sur les principes fondamentaux de liberté individuelle, de responsabilité individuelle, mais aussi sur une définition claire et forte des droits de propriété privée), l’ Homme adopte une gestion soucieuse du long terme. Prenons par exemple le cas d’ un propriétaire d’ une parcelle de forêt. Ce qui fait la valeur de son terrain, c’ est précisément la présence d’ arbres. Mais comme ce terrain lui a coûté une certaine somme, il veut en retirer un certain bénéfice : il exploitera donc sa forêt. Certains croiront qu’ il y là des intérêts antagonistes entre bénéfice et environnement. Au contraire, et comme l’ expliquait Frédéric Bastiat au XIX°s, les intérêts privés sont harmoniques. En effet, non seulement tout arbre coupé sera replanté mais et plus, ce sera l’ intérêt du propriétaire que de protéger sa parcelle de forêt. Ce dernier se comporte donc en gestionnaire responsable. Et même s’ il venait à couper tous les arbres de son exploitation, il aurait intérêt à la replanter immédiatement, même si un arbre met un siècle à pousser : le terrain prendrait ainsi de la valeur chaque année.
Ce n’ est donc pas l’ Etat qui est le mieux à même de gérer de manière responsable l’ environnement, mais bien les individus, à condition toutefois que de réels droits de propriété soient définis et respectés.

2 commentaires:

Nicolas Lobin a dit…

Ce que vous dites est absolument logique car s'il n'a plus d'arbres, comment vivrait-il ?

Anonyme a dit…

Allez dire cela aux petits poissons dans les océans !!!

Que fait-on des biens communs ?? globaux ?

Restons dans l'exemple de la parcelle forestière, il coupe, il replante, mince une forêt de chêne, comme celle qui vient de couper, met 140 ans (chiffre aléatoire) pour arriver à maturité, l'épicéa met 40 ans... Mettons donc de l'épicéa (acidification du sol, surconsommation d'eau....), cela sera plus rentable...
Autre scénario, une autoroute arrive pas loin, forte pression foncière, le propriétaire va-t-il replanter, ou vendre pour miter le paysage ???


Un certain libéralisme, qui n'est pas guidé par l'appat du gain, peut certainement fonctionner. mais ce n'est pas le cas actuellement !

Et, pour les biens communs, de grandes régles doivent exister.