samedi, avril 30, 2005

OGM : mettre fin aux obscurantismes

La recherche sur les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) paraît grandement compromise en France. Du récent adossement du principe de précaution à la Constitution (ce qui fera par ailleurs l’ objet d’ un futur article) aux divers arrêtés municipaux interdisant leur culture, en passant par les fauchages sauvages de plusieurs champs, la France fait figure d’ exception en matière de recherche sur les OGM. Dans ce domaine peut-être plus qu’ en tout autre la désinformation s’ est largement mêlée à la vérité scientifique à tel point que 80% de la population française déclare craindre les OGM. Il est donc fondamental d’ œuvrer à la diffusion de ce que sont les résultats scientifiques prouvés. Dans un récent rapport, l’ AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire Alimentaire) écrit que, loin de nuire à la santé humaine, la consommation d’ OGM pourrait profiter à l’ organisme. Cela vient conforter l’ avis rendu en 2002 par l’ Académie des Sciences et de Médecine selon laquelle les bénéfices que l’ on pourrait tirer de leur usage sont supérieurs aux risques encourus. On ne voit désormais plus de raison objective de s’ opposer à la recherche, quand on sait par ailleurs que les rumeurs alarmistes concernant les OGM sont propagés par quelques agriculteurs extrémistes – José Bové en tête.
Il ne s’ agit pas ici de prendre position pour ou contre les OGM, mais de défendre la recherche sur les OGM, seul moyen efficace de démontrer une éventuelle nocivité. Un obscurantisme d’ ampleur sévit aujourd’hui et cela est éminemment dangereux pour plusieurs raisons :
-Interdire par la loi la recherche sur les OGM, ce serait reconnaître à la loi un devoir d’ ingérence en matière de recherche, c’ est à dire un devoir pour les hommes de l’ Etat de déterminer à priori ce qui pourrait être pernicieux, alors que seules des recherches sérieuses peuvent mettre au jour à posteriori d’ éventuels risques. Ce serait rejeter notre conception traditionnelle de la « liberté responsable » au profit d’ une « liberté présumé-coupable ». Et de là naissent de nombreux problèmes : l’ Etat serait désormais reconnu coupable d’ actions individuelles. Il s’ agit d’ un déni de responsabilité individuelle et l’ on pourrait désormais engager des travaux extrêmement risqués ; la responsabilité des dommages incomberait alors à l’ Etat qui n’ aurait pas exercé son droit (ou son devoir) d’ ingérence.
-Mais interdire les OGM, ce serait aussi reconnaître à la majorité le pouvoir de dicter la vérité scientifique. Galilée était en son temps le seul à démontrer que la Terre était ronde. Avait-il pour autant tort ? Ce sont ses recherches, libres, qui lui ont permis d’ arriver à cette conclusion. Mais il se verra malheureusement interdire par l’ Inquisition la publication de ses travaux. L’ humanité ne peut se permettre de stagner dans l’ erreur au nom de la majorité (ce que Tocqueville appelait la « tyrannie de la majorité ») et au mépris des minorités, à commencer par la plus petite d’ entre elles – la personne humaine. La science, répétons-le inlassablement, ne se décrète pas, elle se découvre grâce à la recherche libre.
On pourra me rétorquer que, même s' ils ne sont pas dangereux, les OGM ne sont pas d' un grand intérêt, puique l' on mange déjà tous les jours à notre fin. Alors à quoi bon prendre le risque ? Certes, cette position est tenable, mais éminemment égoïste et anti-environnementale. Si les OGM ne représentent qu’ un enjeu économique (ce qui est déjà pas mal) au niveau européen, il y à des millions de vies humaines en jeu sur la planète : grâce aux OGM, on peut faire pousser des plantes avec beaucoup moins d’ eau et un ensoleillement intense (ce qui correspond aux conditions climatiques des pays d’ Afrique notamment). On peut également produire des céréales résistantes à certaines maladies ou à certains insectes (ce qui permettrait d’ éviter le ravage des récoltes et son corollaire – la famine.). Par ailleurs, les OGM poussent sans (ou avec beaucoup moins) d’ engrais, ce qui constitue un facteur important de progrès environnemental. En dernier lieu, les OGM pourraient aider à la médecine ou de grand espoirs sont notamment fondés sur la découverte d’ un traitement de la mucoviscidose. Alors qu’ aucun risque n’ à été démontré, on voit désormais que les OGM constituent un enjeu majeur pour l’ avenir dans de nombreux domaines.
Il importe donc de rétablir une vision libérale de la Liberté (la « liberté responsable ») et de mettre fin aux obscurantismes. C’ est l’ avenir qui en dépend.

9 commentaires:

ORION a dit…

Juste un détail tout de même: il est impossible d'expérimenter les OGM en plein champs sans risquer de contaminer à coup sûr les espèces sauvages environnantes. Comme le nuage de Tchernobyl, les insectes pollenisateurs ignorent les frontières de nos parcelles. C'est ce qui a d'abord motivé le saccage de ces cultures que vous dénoncez par ailleurs. Bové et les alter- machins ne disent pas que des conneries ...
Quant à l'Afssa et l'académie de Médecine, j'ai les plus grands doutes sur la pertinence de leurs analyses, sans parler de leur indépendance ...

lelibéralécolo a dit…

De telles expérimentations ont déjà eu lieu n' ont pas présenté de dangers avérés. En revanche, ce que l' on peut attendre des OGM est très important, et il serait extrèmement dommage de le négliger, notamment pour les habitants du tiers-monde. Par ailleurs, le terme de "contamination" me semble fort incongru. Il ne s' agit en effet pas d' une maladie que l' on inoculerait aux plantes, mais bien d' une modification génétique prometteuse.
Quant à l'Afssa et l'académie de Médecine, j'ai les plus grands doutes sur la pertinence de leurs analyses, sans parler de leur indépendance ...
Il en est de même dans de très nombreux pays. Par ailleurs, lorsque je désire un avis scientifique, ma conscience à tendance à me faire aller vers des experts, professeurs reconnus et doctorants, plutôt que vers un éleveur de volailles du Larzac dont les analyses ne reposent sur rien de prouvé. J' aborde ici ses compétences, mais c' est sans parler de son indépendance (Les antimondialistes rêvent de la voir candidat à la présidentielle en 2007).
Je le répète, mon propos ici n' est aucunement de défendre les OGM, mais la recherche sur les OGM qui est très prometteuse tant dans les domaines alimentaires que médicaux. Mais si ils s' avéraient nuisibles (ce qui n' est probablement pas la cas étant donné que certains pays en cultivent depuis de nombreuses années déjà), ils devraient être abandonnés, et les dégats indemnisés en vertu du principe de propriété privée qui aurait été violé.

ORION a dit…

Une modification génétique introduite de façon inconsidérée sur un type de plante peut parfaitement contaminer un autre type de plante: il n'existe pas de barrières d'espèce en la matière.

En fait, le problème est à la fois plus simple et plus complexe qu'il n'y parait si on se donne un peu la peine de procéder à une analyse GLOBALE de la situation.

Pourquoi introduire une modification génétique censée induire une résistance à un type de prédateur (insecte bactérie parasite ...) ? Parce qu'en amont, on a favorisé l'apparition et le développement de tels prédateurs par la pratique de monocultures extensives. On en vient donc, non pas à remettre en cause cette première erreur environnementale, mais à tenter de la corriger par une autre possible erreur. Au total, on aura superposé les dysfonctionnements: ce que les libéraux condamnent avec force et raison dans le domaine économique, pourquoi ne l'appliqueraient ils pas à l'écologie qui n'est autre qu'une économie de l'environnement ? Toute la filière agricole est infiltrée par des intérêts économiques très particuliers (que ce soit par les mafias syndicales "PAC dépendantes" ou les oligopoles de semenciers bien connus) qui n'ont rien à voir avec les besoins réels de la collectivité. Il ne s'agit donc ni de condamner la recherche sur les OGM, ni de souscrire à un principe de précaution débilitant, mais de définir politiquement les applications possibles d'une recherche non livrée à elle-même (science sans conscience etc ...).

Pour ce qui est des compétences comparées des "experts, professeurs reconnus et doctorants", versus "l'éleveur de volailles du Larzac", il arrive qu'on ait de fort plaisantes surprises. Le fourmillement des voltes face de tels "experts reconnus" (par qui au fait ? ) dans le domaine médical que je connais un peu laisse pantois l'éleveur de volailles que je suis ...

lelibéralécolo a dit…

Vous regrettez les monocultures intensives. Je fais exactement de même, notamment dans mon dernier article "Sécheresse, coupures d' eau et PAC" ( http://leliberalecolo.blogspot.com/2005/08/scheresse-coupures-d-eau-et-politique.html )avec l'exemple du maïs. Mais il est évident, et j' en suis bien conscient, que les Européens n' ont pas un besoin impérieux d' OGM pour eux-mêmes, si l' on exclut les applications médicales, pour le traitement de la mucoviscidose notamment.
Le véritable enjeu des OGM est ailleurs, principalement en Afrique. Ce continent est en effet très aride sur une grande partie de son territoire, et connait aussi régulièrement les invasions d' insectes (principalement de criquets). Il serait donc criminel de ne pas tenter d' apporter une solution efficace à ces deux problèmes. Les OGM semblent le permettre, en créant des plantes résistantes à certains insectes ou maladies et poussant avec moins d' eau.

Seules la recherche et l' expérimentation peuvent mettre, a posteriori, en lumière d' éventuels risques. En 1850, à l' invention de la locomotive, les passéistes de l' époque craignaient que le corps humain ne résiste pas à des vitesses de 30km/h, et que les vaches périssent au passage des trains. De même, à l' invention de la lampe à incandescence, les rétrogrades de jadis en dénoncaient les "effets nocifs" sur la santé humaine, et y préféraient la lampe à pétrole ou la bougie, beaucoup plus saine selon eux. Il faut donc rester patient et faire confiance aux chercheurs.

Guitar Master a dit…

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Anonyme a dit…

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Anonyme a dit…

Faire confiance aux chercheurs, oui mais vu les intérêts financiers et uniquement financiers de monsanto, je ne préfère pas faire confiance aux leurs.
Pourquoi vouloir à tout prix cultiver des plantes en zones arides ? les hommes se déplacent quand ils n'y a plus d'eau, c'est ainsi depuis la nuit des temps, les exemples ne manquent pas dans l'histoire de l'humanité.
Les OGm ne servent à rien, l'humanité à pu se développer sans, en cultivant les innombrables variétés de plantes. Utilisons la biodiversité au lieu de la détruire, ça veut dire cultivons naturellement les plantes sans pesticides, c'est possible et ça marche, des agriculteurs le prouvent chaque jour partout dans le monde !

Anonyme a dit…

avec ce genre de raisonnement rien, ne sert à rien! Les hommes préhistoriques ont vécu des millions d'années sans technologie. Les OGM, constituent un champ d'application et de recherche tellement vaste, nous en somme à peine au commencement du début. Nous ne savons pas jusqu'où cela peut nous mener. Toute la question est de savoir si l'on doit stopper le progrès sous prétexte qu'il se pourrait peut être que l'on coure un risque inconnu? Ce genre d'attitude mènes à l'obscurantisme. A mon avis il y a plus danger dans la peur irationelle que dans les OGM eux même!

amoureux a dit…

Mmm.. Autant je suis d'acoord avec vous pour dire qu'écologie et libéralisme ne sont pas contradictoires (voir Pour une écologie libérale" sur mon site), autant sur la question des OGM il me semble que le débat est biaisé par le comportement irresponsable des grands semenciers comme Monsanto... Pour un topo complet, voir La guerre des OGM