jeudi, juin 16, 2005

L' asséchement de la mer d' Aral par les communistes

On pourrait sourire, voire fuir, en entendant la gauche étatiste et moraliste - particulièrement les communistes - donner des leçons de gestion environnementale. Elle est en effet à l' origine des plus grands désastres écologiques de l' Histoire. Mais il n' en est rien, sa parole en France a valeur de vérité et oser s' y opposer relève bien souvent du masochisme. Un tel constat ne doit pas nous faire oublier la réalité de la gestion collectiviste de l' environnement. Le cas de l' asséchement de la mer d' Aral par les Soviétiques est à cet égard fort évocateur ( d' autres désastres comparables seront également analysés par la suite ).
La mer d' Aral est aujourd'hui située entre l' Ouzbekistan et le Kazakhstan, dans une région quasi-désertique. Elle fut donc au coeur de l' ex-URSS. C' est dans les années 1960 que le reflux de la mer a commencé parce que les planificateurs communistes (sensés connaitre le "sens de l' Histoire" et agir pour le "bien commun") ont détourné les fleuves Amou Daria et Syr Daria pour irriguer des cultures de coton (en plein désert). La mer d' Aral n' étant plus que très faiblement alimentée en eau douce - elle en reçevait dans les années 1980 dix fois moins qu' en 1950 - et subissant les effets de l' évaporation notamment, s' est asséchée rapidement si bien que sa superficie a été divisée par plus de deux et son volume par plus de trois en quelques décennies. La salinité de la région a donc considérablement augmenté (une quantité de sel constante pour un volume réduit) ce qui est à l' origine de la disparition de toute la faune et la flore, terrestre et maritime, dans la région. Seules deux espèces de poissons semblent survivre péniblement, mais leur avenir est grandement incertain à moyen terme. Le secteur de la pêche a par conséquent été ravagé entrainant une famine pour de très nombreux villages.
Mais ce n' est pas tout, désormais l' eau potable de la région contient quatre fois plus de sel par litre que la limite recommandée par l' OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Les conséquences sanitaires qui s' ensuivent sont catastrophiques et ont longtemps été cachées par les responsables soviétiques, fervents usagers de la désinformation de masse. Un développement considérable des maladies rénales ainsi que des diarrhées a pu être observé. La tuberculose a également atteint un seuil épidémique dans la région de la mer d' Aral.
Pour finir, signalons que des vallées ou des rivages autrefois fertiles sont désormais vides de toute végétation : la trop forte salinité du sol (le sel s' est aussi répandu par le vent dans les environs) empèche toute plante de pousser.
Il est donc cocasse d' entendre les socialistes et les communistes se gargariser sur " l' Etat qui peut seul assurer une gestion responsable sur le long terme" (voir sur ce point mon article La gestion de l' environnement par l' Etat : le mythe du long terme). C'est exemple nous montre bien qu'il est opportun de dire avec Georges Courteline : " Savez-vous ce qui arriverait au Sahara si on y installait le communisme ? Pendant cinquante ans rien. Au bout de cinquante ans, pénurie de sable." Il serait même réaliste de le paraphraser : "Savez-vous ce qui arrive à une mer si on y installe le communisme ? ......". Les libéraux ont à cet égard été les premiers à dénoncer l' absurdité des méga-projets, des méga-bureaucraties pour y préférer le respect des initiatives individuelles. Une fois encore, ce ne sont pas les hommes qui sont en cause, mais les systèmes.

12 commentaires:

Anonyme a dit…

Je me rappelle un lointain "Thalassa" sur F3, sur ce thème, et dans mon souvenir, je ne me rappelle qu'on ait parlé de la responsabilité du régime de l'époque; c'était considéré comme une "catastrophe écologique", sans plus; mais je me trompe peut-être;
je suis en train de lire le Lomborg, passionant, mais il me semble qu'il en est resté à présupposer les problèmes au niveau des nations ou de toute la planète, ce qu'il fait qu'il cherche la solution au même niveau(par exemple faut-il affecter l'argent à tel ou tel pb? etc- on a envie de lui dire: que chacun décide, au niveau de SON domaine!);
il semble parfois au bord du libéralisme, tout en refusant d'assumer les conséquences logiques de ses conclusions.
Que pensez-vous de ce livre?
B. à V.
gil

lelibéralécolo a dit…

Je n' ai pas lu l' intégralité de "L' écologiste sceptique" de Lomborg, mais je le cherche activement afin de pouvoir le relire. Dans cet ouvrage, montre, et cela est extrèmement intéressant et instructif, que la majorité de nos opinions concernant l' environnement sont fortement erronées. On pourrait donc légitimement y voir un réquisitoire contre l' écologie planifiée ou la "macroécologie". Cependant l' auteur ne semble pas appeler à une écologie de liberté, une "microécologie". Il pense plutôt les fonds alloués à la sauvegarde de l' environnement seraient plus utiles ailleurs (pour réduire la pauvreté par exemple), sans appeler à un désengagement de l' Etat. On peut sans doute y voir une volonté de ne pas être assimilé à la "droite conservatrice américaine". (Lomborg est un ancien membre de Greenpeace; il est par ailleurs apparenté à la gauche suédoise). Un livre indispensable néanmoins pour qui souhaite s' extraire de l' alarmisme ambiant !

Anonyme a dit…

Ah ça oui, il est indispensable! Maintenant, quand on me les brise menu avec l'écologie, je me contente d'un mot: "Lomborg".
Merci à vous.
gil

phonono a dit…

Et la pollution du réseau hydrographique du Saint-Laurent, c'est aussi les communistes?
L'assèchement des nappes phréatiques du Sud-Ouest des États-Unis, c'est la faute des communistes?
La destruction des Everglades, c'est la faute des communistes?

Les libéraux ont à cet égard été les premiers à dénoncer l' absurdité des méga-projets, des méga-bureaucraties pour y préférer le respect des initiatives individuelles.
Les Libéraux ont été les PREMIERS à financer des méga-projets et sont encore en train de financer des néga-projets au Québec pour vendre de l'électricité.

lelibéralécolo a dit…

Et la pollution du réseau hydrographique du Saint-Laurent, c'est aussi les communistes?
L'assèchement des nappes phréatiques du Sud-Ouest des États-Unis, c'est la faute des communistes?
La destruction des Everglades, c'est la faute des communistes?

Ais-je répondu positivement à ces questions dans mon article ?


"Les Libéraux ont été les PREMIERS à financer des méga-projets et sont encore en train de financer des néga-projets au Québec pour vendre de l'électricité. " Qu' appellez-vous un libéral ? Ne confondez-vous pas les sens français et américain du mot "libéral" ?

phonono a dit…

Ais-je répondu positivement à ces questions dans mon article ?
Non, parce que ça risque de défaire votre hypothèse.

Qu' appellez-vous un libéral ? Ne confondez-vous pas les sens français et américain du mot "libéral" ?
Ne commencez pas à jouer avec les définitions, vous allez vous perdre.

Les libéraux ont à cet égard été les premiers à dénoncer l' absurdité des méga-projets, des méga-bureaucraties pour y préférer le respect des initiatives individuelles.
Les pires méga-projets et les méga-bureaucraties obéissent justement à des vélléités individuelles (Lénine, Catherine la Grande, Pierre le Grand en Russie :: Reagan, Bush et Nixon aux États-Unis, tous de la même trempe... des aristos n'ayant AUCUNE idée de ce que c'est l'économie parce qu'ayant grandi en vase clos.

Dans les années 1950 et 1960, en Amérique du Nord, où la compétition pour faire entrer dans le giron de l'Empire du Bien était féroce pour contrer l'influence de l'Empire du Mal, bien des "méga-projets" issus de 'méga-bureaucraties" ont vu le jour.
Les bases militaires (que les États-Unis continuent d'exporter massivement et improductivement comme l'Empire romain peu avant sa chute) causent des dégâts irrémédiables (la base de Thule est un sujet de contentieux et j'espère que les Groenlandais vont obtenir juste compensation)
On avait idée, imaginez-vous donc, de réchauffer les eaux de la Baie d'Hudson avec des réacteurs nucléaires, de creuser des canaux avec des bombes atomiques...

Certains républicains des régions côtières des Grands Lacs caressent encore l'idée de fermer la Baie James, de désaliniser son eau et de dévier son contenu par un canal par le Québec jusqu'au Lac Supérieur.
Quelle bande d'ignares et surtout d'égoïstes incapables de s'adapter à leur environnement.

C'est sans parler du contentieux sur la "nécessité" de creuser encore plus profond le canal du Saint-Laurent.

lelibéralécolo a dit…

Pour ce qui conserne le sens que vous accordez au mot "libéral", je maintien ma question car il existe une différence fondamentale de sens en France et Etats-Unis.

"Les pires méga-projets et les méga-bureaucraties obéissent justement à des vélléités individuelles (Lénine, Catherine la Grande, Pierre le Grand en Russie :: Reagan, Bush et Nixon aux États-Unis" Les méga-projets dont vous parlez ont-ils été financés par des capitaux privés ? NON. Un projet résulte forcément d' une idée qui ne peut être par essence qu' individuelle au départ. Ce n' est pas pour autant qu' il s' agit d' un projet privé, donc "libéral".

Anonyme a dit…

Pour ce qui conserne le sens que vous accordez au mot "libéral", je maintien ma question car il existe une différence fondamentale de sens en France et Etats-Unis.

En ce qui concerne le communisme également, il existe une diddérence entre le communisme français actuel et le "communisme" de l'URSS.

Rocou a dit…

"En ce qui concerne le communisme également, il existe une diddérence entre le communisme français actuel et le "communisme" de l'URSS."

Elle est si subtile qu'elle en est invisible.
Par contre Libéralécolo à raison de souligner la différence fondamentale de sens entre les "liberals" américains qui représente les démocrates, c'est à dire la gauche américaine et les "libéraux" européen.
Le terme américain pour désigner les tenants du libéralisme est "libertarian".
On utilise également ce terme en France: les libertariens afin de les différencier des néo-conservateurs (la droite) qui a tendance à s'approprier à tort le terme de "libéral".

Vous trouverez une définition du libéralisme ici: http://www.liberaux.org/wiki/index.php?title=Libéralisme

Et vous trouverez une définitions de toutes les tendances du libéralisme ici: http://www.liberaux.org/wiki/index.php?title=Nomenclature

Ce que Libéralécolo dénonce, c'est l'interventionnisme d'Etat qu'il soit de gauche ou de droite, cependant le communisme tel qu'il a été appliqué, représente l'anti-thèse absolu du libéralisme puisqu'il a abouti à la négation de l'individu et à la planification totale de la vie de la communauté. Libéralécolo démontre que cette gestion liberticide et arbitraire de nos vies mènent forcément à des catastrophes.

Anonyme a dit…

Avec un peu de retard sur cet échange, je vous conseille un site en image sur la catastrophe de l'Aral qui revit... au nord en tout cas.

www.vincentrobinot.com

Anonyme a dit…

Je pense qu'il est ridicule de se balancé des pierres en disant que telle ou telle idéologe politique on fait telle ou telle erreur dans le passé,ce n'est pas comme sa que nous pourrons faire avancer les chose.L'idéologie utopique n'a jamais existé,des personnes pensant étre dans une méme idéologie politique n'aurons jamais les mêmes visions de leur idéologie.

Anonyme a dit…

Le 2 février 2007, le président français Jacques Chirac a lancé un appel " à la mobilisation générale contre la crise écologique ". Signé par 46 pays, l'Appel de Paris fait suite à la publication d'un rapport alarmant sur le réchauffement de la Terre du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) de l'ONU. Près de 30% des espèces de la planète courent un grave danger de disparition, d'où la proposition de créer notamment une organisation des Nations unies pour l'environnement (ONUE).

" Aujourd'hui, le temps de la lucidité est venu ", a déclaré le président français, cinq ans après son discours à Johannesburg au cours duquel il avait lancé un cri d'alarme au sujet de la " maison qui brûle ". " Chaque jour qui passe aggrave les risques et les dangers ", a signalé Jacques Chirac qui a stigmatisé " quelques grands pays qui doivent être convaincus et qui, enfermés dans une espèce de mythe libéral, refusent en réalité d'accepter les conséquences de leurs actes ".

" L'humanité est en train de détruire, à une vitesse effrayante, les ressources et les équilibres qui ont permis son développement et qui déterminent son avenir ", affirme l'Appel de Paris. " Nous sommes parvenus au seuil de l'irréversible, de l'irréparable ", poursuit le texte, qui appelle " à prendre les mesures qui s'imposent pour conjurer des périls qui menacent la survie même de l'humanité ".

Plus de 200 délégués de 70 nations se sont réunis dans la capitale française dont les Etats-Unis, qui n'ont pas signé l'Appel. Washington refuse d'ailleurs toujours de signer les accords de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre alors qu'il est responsable de plus de 25% des émissions mondiales de dioxyde de carbone. Les conclusions du GIEC insistent sur la responsabilité humaine dans les changements climatiques.

Le commissaire européen pour l'Environnement, Stavros Dimas a fait part de son " énorme préoccupation " au sujet du dernier rapport du GIEC et a lancé un appel en faveur d'un nouvel accord mondial pour mettre un terme au réchauffement de la planète. La hausse des températures provoque inévitablement une augmentation du niveau de la mer, des précipitations abondantes, des vagues de chaleur et des cataclysmes naturels de plus en plus fréquents et violents. Par exemple, les glaciers de l'Himalaya ont perdu 21% de leur superficie depuis 1962.

Mais, cette prise de conscience écologique arrive un peu tard. En effet, Cuba avait lancé un avertissement sur les dangers qui menaçaient l'environnement il y a près de quinze ans. Le 12 juin 1992, Fidel Castro prononçait son discours lors de la conférence des Nations unies sur l'environnement et le développement :

" Une importante espèce biologique court le risque de disparaître à cause de la liquidation rapide et progressive de ses conditions naturelles de vie : l'homme […]. Il est nécessaire de signaler que les sociétés de consommation sont les responsables fondamentales de la destruction atroce de l'environnement […]. Avec seulement 20% de la population mondiale, elles consomment les deux tiers des métaux, les trois-quarts de l'énergie que l'on produit dans le monde. Elles ont pollué les mers et les fleuves, elles ont pollué l'air, elles ont affaibli et perforé la couche d'ozone, elles ont saturé l'atmosphère de gaz qui altèrent les conditions climatiques avec des effets catastrophiques dont nous commençons à souffrir. Les forêts disparaissent, les déserts s'étendent, des milliards de tonnes de terre fertile finissent chaque année dans la mer. De nombreuses espèces disparaissent […]. Si l'on veut sauver l'humanité de cette autodestruction, il faut mieux distribuer les richesses et les technologies de la planète. Moins de luxe et moins de gaspillage dans quelques pays pour qu'il y ait moins de pauvreté et moins de faim sur une grande partie de la Terre […]. Appliquons un ordre économique international juste […] Payons la dette écologique et non la dette externe […]. Demain il sera trop tard pour faire ce que nous aurions dû faire il y a longtemps ".

Cuba a depuis longtemps fait de la protection de l'environnement une priorité nationale. Par exemple, la superficie des forêts a augmenté de 33 631 hectares en 2006 et représente désormais 24,54% du territoire national. L'île dispose ainsi de 2 696 589 hectares de forêts, sans compter les 170 253 hectares de jeunes plantations de moins de trois ans. Grâce au programme national d'amélioration des sols, 515 000 hectares ont été traités en 2006, ce qui a permis de diminuer de 3,8% la pollution de l'environnement par rapport à 2005. Cuba est l'un des seuls pays du monde dont la superficie forestière actuelle est supérieure à celle d'il y a 50 ans.

Le savoir-faire cubain en matière de préservation de la nature est reconnu par de nombreuses institutions internationales. Le projet cubain d'énergie renouvelable de l'Université d'Oriente a ainsi obtenu en 2006 le prix mondial Energy Globe qui récompense chaque année les initiatives destinées à favoriser une utilisation plus efficace et durable des ressources naturelles dans le domaine de la consommation d'énergie. Ce prix est décerné conjointement par plusieurs institutions mondiales telles que les Nations unies, le Conseil Européen de l'Energie renouvelable et la Banque mondiale, entre autres.

En 2006 encore, World Wild for Fund, la plus importante organisation internationale pour la protection de l'environnement avec plus de 5 millions d'adhérents et une présence dans plus de 100 pays, a souligné dans son rapport annuel Planète Vivante 2006 que Cuba était la seule nation du monde à avoir atteint un développement durable :

" Le développement durable est un engagement à 'améliorer la qualité de vie humaine tout en vivant dans les limites de la capacité de charge des écosystèmes qui nous font vivre'. L'Indice de Développement Humain est utilisé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) comme indicateur de bien-être et l'empreinte est une mesure de la demande sur la biosphère. Les progrès des nations vers un développement durable peuvent donc être mesurés en croisant l'IDH et l'empreinte. L'IDH est calculé sur la base de l'espérance de vie, de l'alphabétisation, de l'éducation et du PIB par personne. Le PNUD considère qu'un pays a un indice de développement humain élevé si sa valeur d'IDH est supérieure à 0,8. Pour l'empreinte, on considère qu'une empreinte inférieure à 1,8 hectare global par personne, c'est-à-dire la biocapacité moyenne disponible par personne, est indicative d'une durabilité à l'échelle globale. Un développement durable réussi implique au moins que le monde, dans son ensemble, réponde conjointement à ces deux critères […]. Ni le monde dans son entièreté, ni aucune région prise séparément ne répond conjointement aux deux critères de développement durable. Seul Cuba y parvient".

En matière de protection de l'environnement - tout comme en matière de santé, d'éducation, de massification de la culture et de la pratique du sport -, le monde a beaucoup à apprendre de Cuba. Ce petit pays sous-développé, confronté à des sanctions économiques extrêmement sévères de la part des Etats-Unis, a démontré qu'en mettant la science et la technologie au service de l'homme et de l'environnement, il était possible de préserver la nature. Il est temps d'ouvrir les yeux à travers le monde et de prendre exemple sur l'Archipel des Caraïbes pour sauver la planète. Il en va de la survie de l'espèce humaine.

Salim Lamrani