jeudi, juin 16, 2005

Pourquoi y a-t-il plus de vaches que d' éléphants sur Terre ? ou de la nécéssité de la propriété privée pour sauver l' environnement.

Lorsque l' on se penche sur la répartition des animaux par nombre de têtes, un constat frappant s' impose alors : d' un coté, les vaches, cochons, poules, chevaux, chats ou chiens. Ce groupe restreint jouit d' une pérennité de ses effectifs à long terme. Choisissons au hasard la vache. De l' autre côté, un nombre étonnant d' espèces - du tigre du Bengale aux aigles royaux en passant par des milliers d' insectes - sont classées " en voie de disparition " et leur présence à la surface du globe à moyen terme est incertaine. Sélectionnons par exemple l' éléphant d' Afrique.
Il importe désormais de se demander pourquoi les vaches abondent alors que l' éléphant d' Afrique est menacé. Lorsque l' on pose la question : " Pourquoi les vaches sont-elles présentes en très grand nombre sur Terre ? ", la réponse parait évidente : "Parce qu' elles sont utiles à l' homme ! Pour le lait, pour le cuir, pour la viande ! Parce que les vaches satisfont des besoins humains ! ". Et lorsque l' on renchérit : " Et alors pourquoi les éléphants sont-ils sur le point de disparaitre ? ", la réponse fuse : " Ils sont chassés pour l' ivoire et la viande !" . Bref, reformulons : Ils satisfont des besoins humains.
Apparait alors une curieuse contradiction : Si les vaches sont nombreuses, c' est précisément parce qu' elles répondent à des besoins de l' Homme, mais si les éléphants disparaissent, c' est justement par ce qu' ils répondent à des besoins de l' Homme. Là n' est donc pas la réponse exacte.Il faut chercher ailleurs la juste réponse à ces deux questions en apparence anodines. Le libéral dispose pour cela de quelques précieux outils : la liberté individuelle, la responsabilité individuelle et la propriété privée. C' est à l' aide de cette dernière que nous répondrons à notre problématique. Il est en effet une différence fondamentale entre les éléphants et les vaches à l' égard de la propriété : les vaches sont des propriétés privées. Elles appartiennent à des éleveurs qui se comportent en gestionnaires responsables. Leur intérêt est , certes, d' exploiter cette ressource que constitue la vache, mais aussi de la protéger et de la renouveler. Leur objectif principal en tant qu' éleveur est de grossir leur troupeau. Pour cela les éleveurs protègent les troupeaux et les jeunes veaux afin de les faire se reproduire et ainsi assurer la pérennité de l' espèce.Les éléphants, loins d' avoir cette chance d' être une propriété privée, sont gérés par le véritable coupable de leur disparition : l' Etat. Les éléphants d' Afrique sont en effet des propriétés publiques. Et la classification " espèce en voie de disparition " n' y fait rien : les besoins des locaux en viande et des occidentaux et des asiatiques en ivoire persistent. C' est donc l' intérêt de chacun que de s' approprier les ressources par le braconnage et de les revendre au marché noir. A l' inverse d' un élevage privé, tout le monde est incité à tuer le maximum de bêtes sans le moindre soucis de leur renouvellement. Le bénéfice est total pour les adeptes de cette pratique : les coûts sont supportés par l' Etat alors que les gains sont privés. C' est donc bien l' Etat qui est en cause. Nous sommes aux antipodes du capitalisme selon lequel le propriétaire assure les coûts, mais jouit des bénéfices de son bien . La solution consiste donc à privatiser les animaux. Et ce n' est pas qu' une utopie !
Le Zimbabwe à mis en place un tel système : des communautés villageoises ou des familles élargies sont désormais les propriétaires et les gestionnaires responsables de la savane. En 15 ans, le Zimbabwe est passé d' une situation ou l' éléphant était menacé à la surabondance. Il en est de même pour bien d' autres espèces dans ce pays. Nous y reviendrons par la suite.Ce n' est donc pas la viabilité du capitalisme qui est en cause, mais au contraire une insuffisance de capitalisme se manifestant par l' ingérence de l' Etat dans la gestion du patrimoine animal. Seul un capitalisme véritable, basé sur un principe de propriété privée fort, permettra une sauvegarde durable des espèces.

12 commentaires:

ibinico a dit…

les besoins des locaux en viande et des occidentaux en ivoire persistent.

Et quand on lit "L'éléphant d'Afrique est le plus gros animal vivant; il peut peser 5 400 kg." (cf http://www.nature.ca/notebooks/francais/eleaf.htm), on voit qu'en fait le problème de famine serait en partie (même petite) réglée.
Très bonne démonstration sinon.

lelibéralécolo a dit…

Je commence par préciser que les deux premiers commentaires relatifs à ce post sont situés sous l' acceuil suite à une erreur de manipulation. Il est vrai que la gestion responsable des éléphants permettrait d' éradiquer la famine, mais aussi de fournir des revenus aux populations Africaines souvent très précaires. Pour exemple, et pour reprendre les chiffres donnés par Pascal Salin dans l' excellent ouvrage "Libéralisme", les seuls habitants du distrit de Nyaminyami au Zimbabwe ont perçu en trois ans 467 000 $ gràce à la vente de viande, de permis de chasse et à l' organisation de safaris.

Anonyme a dit…

malheureusement, les éléphants, comme les poissons sauvages,et à la différence des vaches, ne se laissent pas enfermer à l'abri de clôtures...

Anonyme a dit…

Pour peser ses 5 tonnes de viande, l'éléphant dévore de considérables quantités de végétaux, y compris dans les propriétés de ceux qui les font pousser...

lelibéralécolo a dit…

1) Dans l' expérience que j' évoque, les éléphants ne sont pas enfermés dans des clotures, mais la gestion de très grands espaces est confiée à des communautés villageoises réduites, ce qui crée bien un mécanisme de propriété privée.

2)Si l' on suit votre raisonnement, il semble qu' il faille exterminer beaucoup d' éléphants pour préserver la végétation. Je pense au contraire que les communautés villageoises gestionnaires sont les mieux à même de réguler la population d' éléphants, en définissant des quotas de chasse pour les safaris, ou en tuant pour la viande ceux qui seraient trop abondants. C'est non seulement le meuilleur moyen de réguler les effectifs, mais aussi de procurer aux Africains des revenus (assurant ainsi la sortie de la misère d' une partie de la population). C'est encore le moyen d' assurer la sauvegarde des ééléphants.

phonono a dit…

Si l'éléphant aurait pu être domestiqué comme la vache, il aurait été domestiqué depuis très longtemps.
On ne peut PAS faire l'élevage privé des éléphants, c'est biologiquement impossible.
La question et caduque et fausse complètement votre hypthèse de départ.

Il aurait fallu poser une question plus logique du genre :
"Pourquoi est-ce que la vache est aussi domestiquée en Afrique mais pas le gnou"
ou
"Pourquoi l'élevage bovin en Afrique n'a pas donné le même résultat en Amérique" et déjà vous allez avoir de meilleures pistes à explorer. Pour l'instant votre raisonnement tourne en rond et ne sert qu'à justifier l'application de vos doctrines.

Le Zimbabwe fait face à une catastrophe humanitaire sans précédent, la famine est rampante, et l'État est dirigé par un despote fou. Prenez donc un autre exemple...

On ne peut pas domestiquer un animal comme ça en claquant des doigts parce que le "marché le veut".
Penser que c'est possible c'est croire au Père Noël. Vous croyez au Père Noël, vous?

lelibéralécolo a dit…

Le Zimbabwe vit en effet une situation de crise très grave, due aux régime du président communiste (que cela vous plaise ou non) Robert Mugabe. Je précise aussi que depuis 2000, les rendements des terres ont été divisés par 8 suite à la réforme agraire, et que deux ministres ont récemment été révoqués, l' un parce qu' il était "trop blanc", l' autre, "trop modéré". Je pointe ici le seul avantage du Zimbabwe, à savoir la gestion des éléphants par des communautés villageoises ou des familles élargies. Je vous conseille de vous informer sur ce point, soit dans de la littérature spécialisée, soit auprès de personnes ayant une expérience sur le terrain. (J' en parlais encore récemment avec un guide de chasse au Zimbabwe que j' ai rencontré par hasard chez un ami).

phonono a dit…

(J' en parlais encore récemment avec un guide de chasse au Zimbabwe que j' ai rencontré par hasard chez un ami).
Un guide de chasse. Pas un éleveur d'éléphant.
L'éléphant a été dompté par les Carthaginois et les gens de la vallée de l'Indus il y a plus de 2000 ans. Pourquoi n'ont-ils pas développé une industrie de l'élevage de l'éléphant? Parce qu'ils vivaient dans une société arriérée? Non, les Carthaginois étaient plus évolués que la majorité des paysans de l'actuelle Italie du Sud et plus riches que le seront jamais les Corses.

L'éléphant ne pourra jamais être domestiqué et ne pourra jamais devenir un animal à haut rendement comme les bovins ou les ovins. Rien que les besoins en territoire excluent son élevage (sans compter la période de gestation ou le nombre de rejetons)
Si l'éléphant aurait été domesticable, il l'aurait été il y a bien longtemps. Mais sa biologie l'en empêche.
Encore du gaspillage d'énergie et d'argent pour des chimères.

La sauvegarde VOLONTAIRE des espèces n'est possible que de deux principales manières :
1) Concentration des populations humaines sur le plus petit territoire possible (le Japon est un exemple, la Suisse est un autre)
2) Changements radicaux dans le régime alimentaire
(abandon du lait, baisse de l'apport protéinique provenant de la viande)

la propriété privée, ce n'est pas plus sacré que la propriéé publique. Ce qu'il faut c'est tenter de maintenir un équilibre des deux.

lelibéralécolo a dit…

Que répondre à quelqu' un qui nie la réalité ? Je me pose la question. Le fait est bien que la population des éléphants croit depuis leur "privatisation" (puisque ce sont en réalité des communautés villageoises qui gérent). La surpopulation est aujourd' hui presque atteinte, alors qu' il était menacé dans cette région il y a encore peu. Sachez par ailleurs que je ne répondrai désormais plus à la négation de faits avérés.

Anonyme a dit…

Bonjour,

Vous écrivez :"les besoins des locaux en viande et des occidentaux en ivoire persistent."
Les gros demandeurs d'ivoire ne sont pas les occidentaux, mais les asiatiques (médecine chinoise, objets d'apparat, bagues, etc.). C'est d'ailleurs pour cette raison que certains pays comme le Zimbabwe ont obtenu une dérogation pour vendre une certaine quantité d'ivoire au Japon.
Ensuite, si les communautés villageoises s'occupent de la gestion des groupes d'éléphants, cela ne signifie pas ipso facto qu'elles en deviennent propriétaires.

De même, dans votre comparaison, si on remplace l'éléphant par le tigre ou une espèce encore moins connue et de fait moins appréciée du grand public, quelle sera l'utilité ? L'utilité d'un tigre ne risque t-il pas dans ce que vous envisagez de prendre de la valeur avec sa rareté ?

Il me semble donc que votre approche souffre de multiples défauts. Vous partez pour l'essentiel d'un réquisit qui est qu'en toute chose la propriété privée est plus efficace que le domaine public. En toute chose, le responsable est l'Etat. Pour l'éléphant, n'est-ce pas plutôt le braconnier et le demandeur d'ivoire et de peau ?

De même, vous me semblez sur maints sujets fort mal informé. Je pense par exemple à votre post sur l'Exxon Valdez. Ainsi, il n'y aurait plus eu de marée noire aux Etats-Unis depuis 1989 ? Et ce qui s'est passé en décembre dernier, c'était quoi ?

Cordialement.
Episteme.

lelibéralécolo a dit…

Bonjour,

En effet, les principaux "consommateurs" d' ivoire sont les asiatiques, mais une grande partie des entreprises de luxe sont européennes (LVMH,...). J' ai donc modifié légérement le texte pour tenir compte de cette subtilité.

"Ensuite, si les communautés villageoises s'occupent de la gestion des groupes d'éléphants, cela ne signifie pas ipso facto qu'elles en deviennent propriétaires." Cela me semblait sous-entendu dans l' article ou je parlais de "privatisation des animaux", puis à la ligne suivante "Et ce n' est pas qu' une utopie !". Puis enfin, j' aborde le cas du Zimbabwe pour lequel les communautés villageoises sont effectivement propriétaires de grandes parcelles de savanes et, de facto, les gestionnaires responsables.
Vous me parlez du tigre ou d' autres espèces encore (on pourrait prendre l' exemple des insectes).En privatisant de grandes zones de la savane, on apporte une protection à l' ensemble des animaux qui y habitent. Ainsi par exemple, les propriétaires/gestionnaires auront intérêt à protéger les tigres, mais aussi à les "créer", c' est à dire à protéger les petits contre les prédateurs, à les soigner, ... parce que cela peut constituer une prise très intéressante dans le cadre d' un safari chasse ou photo.

"Pour l'éléphant, n'est-ce pas plutôt le braconnier et le demandeur d'ivoire et de peau ?" Il est évident que, comme vous, je souhaiterais ne pas avoir à constater l' existence de braconneurs et de demandeurs d' ivoire. Mais cela supposerait un "Homme nouveau", tel que les communistes par exemple ont voulu en créer. L' Homme n' est pas par nature un ange - si il l' était alors le communisme aurait été une franche réussite. Le libéralisme se base sur une conception réaliste de l' espèce humaine, intégrant notamment ses défauts t essayant de composer avec.

Quant à l' erreur que j' ai commise dans l' article sur les marées noires, elle est absolument regrettable et je tiens à m' en excuser auprès de mes lecteurs. Je vais modifier l' article au plus vite pour en tenir compte. Elle est due au fait que j' ai remonté cet article fort ancien afin d' intégrer le sommaire en fin de liste. J' ai commis la grave erreur de ne pas le revisiter. Vous évoquez d' autres erreurs. Pouvez-vous m' en faire part afin que je vous apporte mes sources ou que je les corrige ?

Guillaume

Loulou a dit…

Tout d'abord, felicitation : Internet manquait cruellement d'un site sur l'apprentissage de la pure rhetorique!
En effet, je ne pense pas que le fait de considerer un etre vivant comme un simple objet soit une maniere de le sauver : oui à l'ecologie, mais une ecologie doit avant tout etre doté d'une éthique. Alors, bientôt, pour sauver l'economie française, on devra considerer la femme comme une "pondeuse" engendrant de bon petit consommateurs? "Ne vous inquietez pas madame, c'est pour votre bien, l'emancipation féminine doit passer par là..."
Voila ce que serait votre discours rapporté au genre humain; de plus quand vous présentez lintervention de l'Etat comme l'émanation de la deresponsabilisation de l'individu (c'est l'impression prédominante dans tout le site), vous semblez oublié qu'un Etat, par définition, c'est une masse d'individu conscient d'elle meme, d'où l'interet du principe de nationalisation : en effet, et je pense que vous en avait déjà fait l'experience, quand on confie un bien quelconque a une collectivité, chaque individu, conscient de son appartenance à cette ensemble de propriétaire va faire en sorte de preserver ce bien le plus efficacement possible; a contrario, dans un cadre de privatisation, le dit-l'individu sera (à mon avis) plus interressé par la possession du plus de bien possible, selon le bon vieus principe de la jalousie.
Cela dit, le fait que vous vous interessiez à l'ecologie est déjà une bonne chose, peu de liberaux le font.
Merci d'avoir daigner lire l'avis d'un "sale rouge"!
p.s:"Le libéralisme se base sur une conception réaliste de l' espèce humaine, intégrant notamment ses défauts en essayant de composer avec." il est toujours plus facile d'essayer de "composer avec" plutot que d'essayer de les combattres : d'ailleurs, souvenez vous de la proportion de ceux qui ont collaboré avec Vichy durant la guerre, afin, selon eux, de posseder une bonne place au sein de L'Europe après ce qui aurait dû etre la victoire Allemande...